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December 26, 2018

Vincent Lauriot-Prévost : « Une grande satisfaction de conserver notre titre sur le Rhum »


Vincent, quel bilan tirez-vous de cette onzième édition de la Route du Rhum qui restera dans les annales ?

D’abord, en voyant un trimaran que nous avons dessiné – IDEC Sport, ex Groupama 3, ex Banque Populaire VII - remporter l’épreuve pour la troisième fois consécutive, je me dis qu’on a bien bossé quand nous l’avons conçu voilà treize ans ! C’est une grande satisfaction de conserver notre titre. Je suis content pour Francis et son équipe. Je crois qu’il fallait un peu d’opportunisme pour remporter cette édition, avec Macif intrinsèquement plus rapide mais diminué par les avaries et IDEC Sport poussé à son maximum par un Joyon qui savait faire. Ensuite, on sait qu’après la Tête à l’Anglais, le tour de la Guadeloupe relève un peu la loterie…


La course a aussi été marquée par la perte de Banque Populaire IX, quelle analyse en faites-vous ?

Nous n’avons pas beaucoup d’éléments d’analyse, puisque le bateau a été en partie perdu. Mon ressenti, c’est que l’apprentissage de ces machines – y compris le nôtre – est encore en cours. Ces bateaux-là volent plus haut et passent mieux dans la mer qu’avant, on a donc tendance à aller plus vite dans ces conditions-là. Sauf que les Ultimes ont très peu navigué – à l’exception de Macif qui a accompli un tour du monde -  et n’avaient jamais rencontré de telles conditions à l’entraînement. De fait, les bateaux sont véritablement testés quand ils sont en course, menés  en solitaire. Ce serait moins risqué d’aller affronter la mer plus près des côtes en équipage et à l’entraînement.


Sodebo IV, de son côté, a connu une importante avarie…

Là aussi nous n’avons pas beaucoup d’éléments sur les causes et les origines de la déchirure du carénage de bras. Il me semble désormais indispensable d’instrumenter ces bateaux – on pourrait même réfléchir à rendre l’instrumentation obligatoire – afin de connaître l’historique du comportement, des efforts et des déformations de la structure pour progresser. Aujourd’hui, seul Edmond de Rothschild l’est. A mon sens, c’est la seule solution pour comprendre les Ultimes. On sait comment ils fonctionnent sur du gazon, pas quand il y a des bosses.


En Imoca, c’est aussi un bateau VPLP-Verdier au solide palmarès qui s’impose…

SMA est en effet l’ancien Macif vainqueur du Vendée Globe et de la Route du Rhum 2014. Paul a fait une très belle course, mais ce qui m’intéresse c’est ce qu’a fait Hugo Boss. Parce que si on parle performances, personne n’a réussi à tenir le rythme d’Alex Thomson.


Comment l’expliquez-vous ?

Alex ne navigue pas comme tout le monde, il a une démarche très personnelle, très techno : il a avalé beaucoup de milles, engrangeant énormément d’informations - son bateau est le premier à avoir été entièrement instrumenté - il a fait appel à d’autres voiliers que ceux qui travaillent avec les marins français… Pour ses foils, il a développé son propre concept, avec une forme en L plus qu’en S, qui procure beaucoup plus de portance dans la partie shaft quand il gîte. Alex a su s’entourer d’experts avec qui on confronte nos idées, il ne construit pas un bateau sur étagère.


Enfin, côté Multi50, quels enseignements tirez-vous de la course ?

C’est le plus malin qui a gagné ! Armel Tripon a fait une belle course, cherchant et trouvant un trou de souris face à des adversaires qui ont tous connu leur lot de galères. Ce que je retiens de cette édition pour nos trimarans de 50 pieds, c’est que ça vaut le coup d’investir dans des protections de barre, même si cela pèse lourd. Les Multi50 sont les bateaux les plus inconfortables du plateau. D’autant qu’ils vont de plus en plus vite avec leurs foils.


VPLP n’a pas encore dessiné de Class40, mais vous avez suivi cette catégorie…

Oui, et je trouve que le boulot fait le cabinet Lombard sur le Lift40 de Yoan Richomme, vainqueur de la course, est superbe. L’approche de la carène est originale et cela semble fonctionner !

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