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June 27, 2018

Oceanwings : Vers un transport maritime décarboné


Nous ignorons souvent que 90 % du commerce mondial est transporté par des navires. En effet, presque tout ce que nous achetons, vendons, possédons ou utilisons tous les jours vient à nous sur des bateaux depuis l’autre côté de la planète. Pas moins de 60 000 navires sillonnent les sept mers pour irriguer le commerce international. Et c’est vrai aussi que le transport maritime n’est pas cher et il pollue peu par kilo transporté... mais le volume est tel qu’il contribue fortement au dérèglement climatique.

Quelques chiffres alarmants permettent d’en prendre la mesure. Les navires brûlent du fuel lourd, déchet de l’industrie pétrolière, qui dégage dans l’atmosphère des particules de CO2, des oxydes d’azote (NOx) et de soufre (SOx). Une étude menée en Europe a montré que ces émanations étaient responsables de la mort de 60 000 personnes par an pour un coût de santé global de 58 milliards d’euros. D’ici à 2050 le trafic maritime va doubler et sa contribution actuelle en émission de gaz à effet de serre passera de 4 % à 17 % si rien n’est fait.

La prise de conscience des pouvoirs publics est lente. Les armateurs et les pavillons relayés par de puissants lobby développent une inertie qui freine les prises de décision en faveur d’une décarbonation ambitieuse du transport maritime.

Il y a cependant quelques bonnes nouvelles :
– Quatre zones d’émissions contrôlées à basse teneur en soufre dans le fuel (0.1 %) – mer du Nord, mer Baltique, Antilles américaines, côtes du Canada et des États-Unis – ont été définies et plusieurs projets, dont la Méditerranée, sont à l’étude.
– À partir de 2020 le fuel lourd sera interdit.
– La teneur en soufre maximum sera de 0 .5 %.
– Un objectif d’une réduction minimum de 50 % des gaz à effet de serre a été décidé par l’Organisation maritime internationale à l’horizon 2050.

Pourquoi si peu de progrès ? Les solutions pour un transport maritime totalement décarboné existent. Un mix énergétique associant le vent, l’hydrogène et le solaire, connecté à une propulsion électrique propulsera les navires dans moins de 30 ans.

Pendant 4 000 ans les marins ont utilisé le vent ; ils l’ont laissé tomber il y a 150 ans pour les hydrocarbures. Il est temps d’y revenir avec des technologies modernes et adaptées à une industrie exigeante. Il n’est évidemment pas question que la propulsion éolienne demande un équipage supplémentaire dédié à son utilisation. En 2009, le trimaran Oracle, conçu par VPLP design et vainqueur de la 33e Coupe de l’America, tirait ses premiers bords avec une aile géante de 68 m d’envergure. Pour Vincent et moi, l’intuition fut forte qu’à condition de la rendre affalable et arisable, d’en automatiser le réglage, et de la produire pour qu’elle offre un retour sur investissement basé sur les économies de carburant réalisé en 5 ans, il y avait là une vraie solution pour la propulsion éolienne des navires de commerce.

Grâce à une subvention de l’Ademe, VPLP design a développé un prototype qui a démontré la complète fonctionnalité du système. L’aile a été gréée sur le Gwalaz de Roland Jourdain et certains éléments ont été réalisés par son chantier, Kaïros, en fibre de lin et résine recyclable.

Un partenariat industriel a été conclu avec le groupe Cnim. L’expertise de cette société de 2 500 personnes – établie en France, au Maroc et en Chine – dans le domaine de la production industrielle de produits innovants à forte valeur ajoutée cadre parfaitement avec les ambitions du projet. VPLP design et la Cnim développent ensemble une gamme d’ailes destinées au transport maritime, mais aussi aux yachts de plaisance et à la pêche.

Les premiers exemplaires seront produits à la fin de l’année.

 

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